Sous un ciel brumeux, à Cotonou, s’ouvrait ce 24 juin, la 5ᵉ édition de la Cyber Africa Forum. Pour la toute première fois, cet événement, qui réunit les décideurs et les acteurs de la cybersécurité, pose ses valises au Sofitel de Cotonou. Étant un acteur du digital, je ne pouvais en aucun cas rater cette aubaine .
Dans un monde de plus en plus changeant, avec une augmentation grandissante des cybermenaces, il urge que l’Afrique commence à envisager et développer ses propres armes pour non seulement y répondre, mais aussi se défendre. Ce qui a justifié le choix du thème : « Résilience des écosystèmes numériques : de la nécessité de changer de paradigme »

Mais, d’ailleurs, pourquoi Cotonou ?
J’imagine bien qu’ils ont de bonnes raisons. Il faut l’avouer que ces dernières années, le Bénin s’est admirablement illustrée dans le domaine du numérique. On est le chef de fil de plusieurs changements en Afrique de l’Ouest francophone. On est parfois comparé à l’Estonie. La digitalisation des services publics, la mise en place d’une agence gouvernementale contre les cybermenaces sont entre autres nos faits d’armes (ASIN, CNIN). Pour que les organisateurs décident de venir à Cotonou, alors que toutes les précédentes éditions se sont déroulées à Abidjan, c’est dire à quel point la capitale économique du Bénin inspire confiance.
D’autre part, cela reste une belle opportunité pour le Bénin pour se positionner sur la carte de l’Afrique, voire du monde sur le sujet de la cybersécurité. C’est une belle publicité. Des participants de plusieurs pays ont été aperçus (Togo, Côte d’Ivoire, Congo, Maroc, Sénégal…).
Que s’est-il passé lors du Cyber Africa Forum ?
J’ai été sidéré. Franck KIE et ses collaborateurs ont le paquet. Speakers, intervenants et sujets. Ils se sont surpassés. Il y a par exemple la présence des ministres du numérique et de la digitalisation du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Congo sur un même panel. Une belle occasion d’avoir un avis croisé des trois ministres sur le numérique et la digitalisation dans chacun de ses pays.
J’ai suivi avec intérêt le Keynote de Redda BEN GELOUNE, DG Aitek qui a fait un état des lieux de la cybersécurité en Afrique. Il a partagé des chiffres et poser les bases pour que tout le reste du forum puisse se dérouler sans encombres.
Mon plus gros kiff, ce fut de me rendre aux stands. J’ai pu y faire quelques découvertes très intéressantes.
- Les services de MTN Business. En collaboration avec Microsoft, MTN propose des services à destination des entreprises contre les cybermenaces.
- Au stand de Kaspersky, l’un des géants de la cybersécurité au monde, je découvre l’ensemble de leurs services pour une protection globale des infrastructures et quelques technologies intégrant l’IA pour les systèmes informatiques.
- J’ai découvert AITEK aussi. C’est un distributeur de solutions de cybersécurité (entre autres) à l’endroit des entreprises et gouvernements.
- Le plus impressionnant dans cette balade, c’est FINCO. C’est une entreprise qui se définit comme un système de financement alternatif des PME et des TPE basée sur des technologies avancées et l’ingénierie financière. Elle propose comme service le paiement anticipé sur les factures en attente, grâce à une garantie de paiement par une institution publique ou un accès anticipé à une partie (30%) des salaires des fonctionnaires.
Les activités se sont poursuivies jusqu’à la fin de la journée et le lendemain. Des Panels, keynotes se sont enchaînées avec des invités toujours impressionnants.

Quelques critiques sur le Cyber Africa Forum
Le Cyber Africa Forum ? Il fallait y être pour le comprendre. C’est l’événement qui accaparé la toile béninoise ces derniers jours. Tous les participants prenaient d’assaut les réseaux sociaux avec les photos de leurs badges pour montrer qu’ils y étaient. Les organisateurs ont mis le paquet.
D’ailleurs, il y a eu un side event avant le 24 qui a consisté en un hackathon, des échanges.
Pour les décideurs, les experts, il est clair que cet événement est un succès. Cependant, quel sera son impact auprès des populations à la base ? Ce sont elles qui sont vraiment les cibles vulnérables des cybermenaces. Que faire ? Que faire pour faire profiter ces genres d’échanges, de moments aux populations à la base ? Voilà la question à laquelle les prochaines éditions du Cyber Africa Forum doivent pouvoir trouver de réponses.

